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Industrie de la construction : le Québec a besoin de grands projets

23 mars 2016   |   par Claude Robichaud

Comme le veut l’adage, quand le bâtiment va, tout va! Alors que les indicateurs économiques nationaux font la moue, qu’en est-il de l’industrie de la construction? Vue sous la loupe des heures travaillées, l’industrie de la construction a accusé une baisse de régime en 2015 pour une troisième année consécutive au Québec.

Les 141 millions d’heures travaillées représentent une baisse de 5,6 % par rapport à 2014. Le ralentissement se poursuivra en 2016, prévoit la Commission de la construction du Québec (CCQ), sauf pour le génie civil dans le Grand Montréal, l’activité étant soutenue notamment par l’échangeur Turcot et le pont Champlain. Hydro-Québec contribuera à stimuler ce segment de l’industrie avec le projet de ligne 735 kV du Lac-Saint-Jean jusqu’à Montréal, lequel comporte la construction d’un important poste à Terrebonne (poste Édith-Jasmin, adossé au parc industriel 640-Est).

À propos de grands projets, souhaitons que le parachèvement de l’A-19 soit initié dans les meilleurs délais! Alors que la construction de maisons individuelles est en replie, les tours d’habitations prennent le relais avec une hausse de près de 50 % en deux ans au Québec. Terrebonne en est témoin, notamment avec le Teasdale (Chartwell) et le Floréa (Groupe Maurice), deux projets majeurs de résidences pour personnes âgées autonomes. D’autres projets multirésidentiels sont attendus, alors que les zones à proximité des gares de Mascouche et de Terrebonne se prêtent à ce type de développement. Les données sur les heures travaillées n’étant pas disponibles sur une base locale, il faut se référer ici à la valeur des permis de bâtir. Bonne nouvelle de ce côté, la construction dans la MRC Les Moulins se porte mieux avec deux hausses successives en 2015 (14 %) et en 2014 (26 %). À ce chapitre, la contribution de Terrebonne et Mascouche est solide et compte pour 36 % de la valeur des permis de bâtir de Lanaudière en 2015. Revenons maintenant à l’ensemble du Québec pour jeter un coup d’œil à l’activité industrielle. Le Québec est en panne de grands projets et l’industrie de la construction en fait les frais.

En 2016, le parachèvement du chantier de la cimenterie McInnis (Gaspésie) et le report de projets majeurs associés aux ressources retrancheront 8 % aux heures travaillées. Avec les niveaux enregistrés en 2009 et en 2015, il s’agit des pires prestations depuis les vingt dernières années dans la construction industrielle, constate la CCQ. Suite au dépôt du récent budget du gouvernement du Québec, l’industrie de la construction aura de nouveaux projets à se mettre sous la dent (de scie) avec l’injection de 700 millions $ pour la rénovation des écoles et un crédit d’impôt pour la rénovation résidentielle écoresponsable. Québec compte aussi sur un rabais tarifaire d’électricité pour déclencher des investissements de 2,6 milliards $ d’ici 2020.

La cavalerie fédérale arrive en renfort avec le généreux programme d’infrastructure prévoyant une injection de 120 milliards $ sur dix ans, une disposition maîtresse du discours du budget déposé mardi. Tout est en place pour le grand déclic qui renversera la tendance et qui, espérons-le, donnera le signal au secteur privé d’emboîter le pas.

Claude Robichaud, directeur général du CLDEM
Suivez le sur twitter @CROBICHAUDCLDEM

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