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Le slow made : changer le monde, un client à la fois

17 mai 2017   |   par Claude Robichaud, directeur général

Une adepte du « slow made » est en lice pour un prix national au Défi Osentreprendre. Il s’agit de madame Sabrina Quesnel-Bolduc de Caravel, une jeune entrepreneure engagée dans la conception et la vente de sacs pour les amateurs de cyclisme et de plein air. Caravel figure parmi les trois entreprises lauréates de la MRC Les Moulins au Gala régional tenu le 3 mai dernier.

Dans son profil sur le ClubEntrepreneurship du CLDEM de la Cuvée 2016 des nouvelles entreprises de Terrebonne et Mascouche, on y précise que Caravel, « encourage de prendre le temps de concevoir et de produire pour que la qualité et la durabilité restent des priorités ». 

Prendre le temps, voilà l’essence du slow made. C’est Taylor qui doit se retourner dans sa tombe!

Inspiré du mouvement slow, le slow made vise à réhabiliter la valeur du temps pour mieux produire, mieux travailler et mieux consommer. Selon Wikipédia, ce mouvement « encourage une éthique responsable de l’auteur et du producteur et engage le consommateur à devenir l’acteur en choisissant un objet porteur des valeurs partagées ». « Le slow made s’oppose au jetable et à l’obsolescence programmée en visant la pérennité ».

En mai 68, la génération montante voulait changer le système. Aujourd’hui, elle part en affaires! Certains de ces entrepreneurs n’ambitionnent pas de conquérir le monde. Ils veulent le changer, un client à la fois. 

Au fait, comment évoluent les valeurs des entrepreneurs au fil des générations? Au-delà de l’anecdote, une étude récente apporte de premiers éléments de réponse à cette question. L’étude, publiée en octobre 2016, produite par American Express Canada en partenariat avec Startup Canada s’intéresse aux motivations des entrepreneurs dans le groupe d’âge des milléniaux (20 – 35) comparés aux générations précédentes.

La passion s’avère être le principal moteur des jeunes entrepreneurs. Ils veulent mettre en marché la solution au besoin qu’ils ont détecté tout en étant motivés par la recherche de liberté et de flexibilité. Sans être absente, l’indépendance financière passe au second plan. La reconnaissance comme leader de leur communauté et de leur industrie leur importe davantage que les ventes et les profits. Cette notion du succès les distingue des boomers. La passion n’évacue pas pour autant le pragmatisme, comme l’illustre la préoccupation à l’égard du fonds de roulement, laquelle touche toutes les générations d’entrepreneurs.

Les milléniaux sont plus nombreux à partir en affaires et à le faire plus tôt. Les jeunes entrepreneurs utilisent les ressources de leur communauté pour le support, le mentorat et la promotion de leur entreprise. Pour avoir grandi dans les technologies, les jeunes entrepreneurs se distinguent par leur flexibilité et leur adaptabilité. La technologie occupe une place importante dans leur entreprise, notamment avec les réseaux sociaux comme outils marketing.

Tant mieux si certains entrepreneurs se taillent une place en affaire avec une démarche alternative. Des modèles d’affaires viables et soutenables émergeront de ces approches. Retenons toutefois que le niveau de vie d’une nation repose sur l’innovation et la productivité. Fonds de roulement oblige, le courant du slow made devra donc faire face, lui aussi, aux impératifs concurrentiels.

Claude Robichaud, directeur général du CLDEM

Suivez le sur twitter @CRobichaudCLDEM 

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