Blogue > Le sociofinancement ou le financement 2.0

Blogue

Le sociofinancement ou le financement 2.0

25 février 2016   |   par Claude Robichaud

Le billet précédent nous a permis d’aborder la question de l’économie du partage. Nous poursuivons dans la même veine avec le sociofinancement.

Le sociofinancement, aussi appelé crowdfunding ou financement participatif, réfère aux méthodes de la collecte de fonds faisant appel à un grand nombre de donateurs, de prêteurs ou d’investisseurs. Le sociofinancement est rendu possible grâce à l’émergence des plateformes de financement sur Internet et à la prolifération des réseaux sociaux. C’est le financement à l’ère du 2.0. Déjà, plusieurs causes sociales y font appel pour leur financement.

D’initiatives isolées, le phénomène se structure comme le démontre la plateforme Mobilisons local. Cette innovation menée dans l’est de Montréal vise à soutenir les collectes de fonds des organismes et des entreprises d’économie sociale. Elle repose sur un appui du milieu, une adhésion minimale étant requise pour qu’un projet y obtienne du financement. Yoyomolo et Haricot figurent parmi les plateformes Web qui facilitent la récolte de dons. Les groupes et individus sont invités à y inscrire leur projet ou leur campagne.

Depuis la fin janvier, les entreprises peuvent recourir aux plateformes de sociofinancement pour vendre des actions auprès d’investisseurs. La question a fait l’objet d’une décision des autorités financières, dont celle du Québec. Tout en respectant certaines conditions, l’émetteur n’a pas à produire un prospectus pour solliciter des fonds. Les portails de financement participatif, sur lesquels les projets sont présentés, obtiennent une dispense d’inscription à titre de courtier. Cette forme de dérèglementation ouvre le jeu tout en établissant des paramètres. Elle limite la contribution maximale par investisseur à 2 500 $ pour un maximum de souscription de 250 000 $ par projet. Les portails de financement participatif sont listés sur le site de l’Autorité des marchés financiers.

Nous avons traité de la question du financement dans un billet antérieur (L’argent est-il un frein à la croissance des PME?). L’amorçage, le démarrage et la première phase de croissance sont des étapes très exigeantes en matière de financement. Le promoteur y a souvent investi tout ce qu’il pouvait. Le « love-money » est épuisé. Le financement bancaire repose sur des ratios que l’entreprise peine à atteindre. Les fonds fiscalisés se font tirer l’oreille tant que le modèle d’affaires n’a pas démontré sa viabilité. Les technos peuvent s’adresser aux fonds d’équité spécialisés, lesquels sont sélectifs.

Heureusement, Anges Québec sera de plus en plus à considérer suite à une accessibilité accrue à ce réseau d’investisseurs, le plancher des financements étant dorénavant de 50 000 $ au lieu de 300 000 $.

Dans ce contexte, l’arrivée du sociofinancement est certainement une bonne nouvelle pour le démarrage d’entreprises.

Toutefois, la formule étant toute récente, il est difficile de se prononcer sur les facteurs de réussite et sur la prévisibilité d’une telle collecte de fonds. Avant de s’y adresser, il demeure utile de bien structurer un projet et de bénéficier de toutes les expertises disponibles. Avec son équipe, ses financements, ses services et son réseau, le CLDEM demeure un bon point de départ à Terrebonne et Mascouche.

Claude Robichaud, directeur général du CLDEM

Suivez le sur twitter @CRobichaudCLDEM

Tweet Google +
Infolettre

Inscrivez-vous à notre infolettre !