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Les golfs en milieu urbain : des espaces en voie de disparition?

12 juillet 2017   |   par Claude Robichaud, directeur général

Cet été, moins de golfeurs s’élanceront sur moins de terrains. Dans le Grand Montréal, huit terrains ont fermé depuis 2010. La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) se penche sur cette situation dans son bulletin « Perspective » publié en juin.

Tendance nord-américaine, rapporte la CMM, l’aménagement des terrains de golf a connu un boom dans les années 1990, lequel était alimenté par les projets résidentiels intégrant un golf dans leur aménagement. Toutefois, au moment où l’offre augmentait, la demande déclinait. Le déséquilibre sur ce marché se répercute sur la marge bénéficiaire, laquelle est en chute libre au Canada depuis l’an 2000.

Selon la CMM, la majorité des golfs récemment fermés sont en processus de redéveloppement à des fins urbaines, ceux-ci étant par ailleurs localisés à l’intérieur du périmètre d’urbanisation et non en zone agricole. Dans certains cas, une portion de l’espace est préservée à des fins publiques par l’aménagement de parcs ou de sentiers. Aux États-Unis, des terrains ont été rachetés par les autorités publiques pour les reconvertir en espaces naturels. L’expérience américaine, quant à elle, comporte plusieurs terrains en zone agricole réhabilités pour la culture.

La MRC Les Moulins n’est pas en marge de ce mouvement avec les fermetures du golf de Mascouche et du golf du Boisé, deux terrains à l’intérieur du périmètre d’urbanisation. Parmi les golfs en activité, deux sont aussi situés à l’intérieur du périmètre, le golf Le Versant et le golf Des Moulins, alors que deux autres sont en zone agricole, le golf Le Mirage et le golf Terrebonne.

En plus de l’offre excédentaire, d’autres facteurs sont pointés du doigt pour expliquer ce déclin. Parmi ceux-ci, on évoque le défi d’attirer les jeunes et les femmes, le temps et l’argent consacrés à la pratique de ce sport, le niveau de difficulté des terrains et une industrie laissant peu de place à l’innovation. 

Différentes avenues sont proposées par les experts pour corriger la « slice » dans laquelle la pratique de ce sport est engagée afin de lui donner un nouvel élan. Des terrains plus courts ne comportant que 12 trous font leur apparition. Des designs novateurs (diminuant les besoins en espace) sont aussi proposés. La séduction auprès des jeunes s’impose également comme solution pour renouveler la clientèle. Malgré ce déclin, le golf jouit d’un niveau de popularité élevé sur lequel cette industrie de plus de 14 milliards $ (au Canada) peut s’appuyer. 

Terrebonne demeure une « destination golf » très prisée. Les quatre golfs en activité totalisent 483 hectares, soit 8 % de la superficie en golf de la métropole. Ils constituent une carte de visite importante pour la MRC Les Moulins, notamment auprès des gens d’affaires, avec la tenue de nombreux tournois.

Selon la CMM, « la pression à la fermeture de golfs dans le Grand Montréal se poursuivra ». Elle se traduira, le cas échéant, par « une augmentation des espaces disponibles à l’urbanisation, à la remise en culture ou à la renaturalisation ».

Profiter de votre prochaine ronde de golf estivale pour savourer ces précieux moments. Peut-être parcourrez-vous un espace en voie de disparition, ou du moins, en voie de requalification.

Claude Robichaud, directeur général du CLDEM

Suivez le sur twitter @CRobichaudCLDEM 

 

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