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Matières à réflexion

16 novembre 2016   |   par Claude Robichaud, directeur général, CLDEM

Dans son Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (GMR) 2015-2020, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) poursuit d’ambitieux objectifs de réduction de l’enfouissement. Or, les secteurs commercial, industriel, institutionnel (ICI) et de la construction génèrent 65 % des matières résiduelles et 50 % des quantités enfouies. 

Les entreprises sont donc des acteurs incontournables de la filière de la gestion des GMR. Plutôt que de recourir aux mesures réglementaires, le plan métropolitain privilégie l’engagement volontaire des chefs d’entreprises. Le plan, par ailleurs, table sur la présence d’une offre de services apte à répondre à cet enjeu. La CMM estime que les meilleures pratiques en GMR susciteront une certaine émulation et que leur adoption se propagera. Au besoin, la voie réglementaire pourra être envisagée. La carotte est-elle assez alléchante pour se passer du bâton?

Il y a déjà quelques années que RECYC-QUÉBEC propose une certification dédiée à la GMR en entreprise avec la norme ICI ON RECYCLE. Élaborer selon trois niveaux (engagement, mise en œuvre et performance), la certification a fait un bout de chemin malgré visiblement peu de moyens pour la promouvoir. Dans Lanaudière, 64 établissements sont certifiés dont 23 à Terrebonne et Mascouche. Bien sûr, plusieurs entreprises ont mis en place des mesures de réduction et de recyclage sans pour autant s’aligner sur une certification. On est toutefois loin de l’engouement.

Lanaudière fait partie des régions pionnières quant à l’accompagnement aux entreprises dans les mesures de développement durable. Œuvrant de concert avec les organismes locaux, dont le CLDEM, Lanaudière Économique pilote depuis quelques années une initiative portant sur la synergie des sous-produits visant à trouver des débouchés commerciaux aux rejets de certaines entreprises en privilégiant d’abord les liens entre les entreprises de la région. Les rejets des uns deviennent les intrants des autres.

Les filières potentielles sont appelées les « gisements ». Force est de constater toutefois que les veines prometteuses sont difficiles à détecter et que l’exercice nécessite une large recension auprès des entreprises. Des marchés secondaires sont bien établis, notamment dans les métaux. Certaines filières orphelines pourraient faire l’objet d’une structuration en vue de trouver des débouchés aux rejets. Lanaudière Économique compte approfondir son engagement auprès des entreprises et des communautés dans une démarche d’économie circulaire permettant, notamment, d’approfondir ces questions.

La MRC Les Moulins occupe une place centrale dans la GMR métropolitaine avec le Complexe Enviro Progressive de Lachenaie.  Les activités découlant de la collecte sélective sont bien établies avec la présence à Terrebonne de l’usine de Tricentris. Plus récemment, Certex installait un établissement à Terrebonne pour soutenir l’expansion de ses activités de récupération, de tri et de valorisation de vêtements. Une dizaine d’autres entreprises de Terrebonne et Mascouche sont engagées dans la récupération et la valorisation de divers produits. Soulignons que la filière peut mener à des investissements majeurs comme le démontre l’usine de transformation des biogaz d’Enviro Progressive, un investissement de 45 millions $.  

En plus d’être souhaitable au plan environnemental, la filière de la GMR rehausse l’image de l’entreprise, soigne sa marque employeur et réduit ses coûts. Elle est aussi porteuse d’opportunités d’affaires. Il y a là matière à réflexion… et à action!

Claude Robichaud, directeur général du CLDEM

Suivez le sur twitter @CRobichaudCLDEM 

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