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Qu’est-ce qu’on attend pour échouer?

14 juin 2017   |   par Claude Robichaud, directeur général

Le discours relié à l’entrepreneuriat réserve une place prédominante au succès en affaires et c’est tout à fait légitime. Pourtant, il y a plus d’entreprises qui échouent que d’entreprises qui connaissent du succès. Celles qui affichent une belle réussite ont aussi leur lot de mauvaises décisions.

Longtemps tabou, l’échec gagne ses lettres de noblesse. Les Suédois viennent même d’y consacrer un musée! En effet, le Musée des flops présente les échecs commerciaux comme on étale une collection d’œuvres d’art. C’est en quelque sorte le temple de la renommée du bide.

Sans tomber dans la caricature (na na, mon flop est plus gros que le tien!) ni faire l’apologie de l’échec, il s’avère que celui-ci est riche d’enseignement. Il démontre également une résilience et une capacité de se relever.

Il est dorénavant reconnu que les erreurs font partie du parcours entrepreneurial. Les chefs d’entreprises sont maintenant plus enclins à s’ouvrir sur ces questions. Socialement, les perceptions changent, de sorte que l’échec ne stigmatise plus comme avant. 

Comme développeurs économiques, nous côtoyons le succès et l’échec. Nous apprenons, nous aussi, de nos erreurs et de celles de nos promoteurs. Nous portons bien haut les nombreux projets à succès que nous supportons et, dans certains cas, que nous finançons. C’est bien légitime puisque notre mission est de promouvoir l’entrepreneuriat et mousser nos territoires. 

Nos placards comprennent toutefois plusieurs dossiers moins glorieux. Le contraire serait suspect, puisqu’il faut se donner le droit à l’erreur.  L’économie et les affaires comportant une part de risque et d’incertitude, nous sommes dans une éternelle courbe d’apprentissage.

Dans un article portant sur l’échec, la BDC propose à ceux et celles qui démarrent une entreprise de tester rapidement la réaction du client avec un produit ou une solution perfectible, question d’obtenir, tôt dans le processus, la rétroaction du marché. Le principe n’est pas d’évacuer la peur et le risque, mais de les maîtriser. C’est une question de dosage entre la précipitation et l’hésitation.

Au CLDEM, dès notre atelier de démarrage d’entreprise nous insistons sur les défis de se lancer en affaires. L’entrepreneuriat y est promu sans faire abstraction toutefois des exigences reliées à un projet d’entreprise. Les entrepreneurs qui bénéficient de notre encadrement (aide au démarrage, financement, soutien à la gestion et mentorat) doublent leurs chances de succès (taux de réussite de 75 % des entreprises après cinq ans d’existence). L’appui que nous accordons aux projets d’innovation intègre des modes de gestion et des expertises qui permettent de structurer la démarche en vue d’augmenter les chances de succès d’un projet ou d’abandonner tôt dans le processus d’innovation ceux qui sont voués à l’échec.

Malgré les vertus de l’échec, l’image de marque de Terrebonne et Mascouche est résolument axée sur la réussite en affaires. Mieux vaut prendre un risque dans une communauté offrant de multiples ressources. L’échec peut toujours attendre.

Claude Robichaud, directeur général du CLDEM

Suivez le sur twitter @CRobichaudCLDEM 

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