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Achetez-vous ici?

15 janvier 2014   |   par Claude Robichaud

On est pour l’achat local comme on est pour la tarte aux pommes. C’est difficile de se prononcer contre ça. Toutefois, si l'on trouve normal de vendre nos produits à notre voisin, sommes-nous pour autant prêts à acheter les siens? Parmi les pratiques de la consommation responsable, un indice développé par un observatoire de l’UQAM révèle que c’est la consommation locale qui a marqué le plus de points depuis 2010. Tant mieux.

Autant noble que soit la cause, poussée à l’extrême, elle réfère toutefois à une communauté qui se referme sur elle-même pour vivre en autarcie. Voilà un aller simple vers le moyen âge avec un niveau de vie qui tombe en vrille. Compliquons ça un peu. Que vaut l’étiquette « made in…. » avec l’internationalisation de la production et le défi de la traçabilité des intrants? Est-ce plus solidaire d’acheter dans son quartier un produit, peu importe sa provenance, ou d’acheter en ligne un produit fabriqué au Canada? Depuis Adam Smith, la théorie économique privilégie une spécialisation des régions et des nations dans ce qu’elles font de mieux. Les échanges multilatéraux permettent de profiter à meilleurs prix de ce que les autres produisent plus efficacement. En contrepartie, on leur vend nos spécialités. Les gains de productivité permettent d’élever le niveau de vie.

Après avoir perdu des millions d’emplois manufacturiers avec la délocalisation, les Américains se ressaisissent. La fabrication américaine reprend du galon avec un élan de patriotisme. Le marché intérieur leur assurant une masse critique enviable, l’achat « made in USA » est tenable. Le Québec et le Canada n’ont pas ce luxe. L’exportation demeure un moteur économique de premier plan. L’achat local dans le coin gauche, l’export dans le coin droit. Est-ce une lutte à finir ou ces concepts sont-ils conciliables? Bien entendu, il faut encourager son voisin.

À juste prix et à qualité égale, pourquoi ne pas acheter chez lui? C’est plus pratique et, en plus, les retombées profitent à la communauté à laquelle on appartient. C’est clairement dans l’intérêt de tous. Le tissu commercial de la MRC Les Moulins s’est bonifié avec les années.

Il y a 20 ans, Terrebonne et Mascouche se préoccupaient de colmater les fuites commerciales tellement les résidents achetaient à l’extérieur. Aujourd’hui, elles sont des pôles attractifs. Les entreprises locales ont beaucoup à offrir aux consommateurs, mais aussi aux entrepreneurs et aux acheteurs corporatifs et institutionnels. L’expansion des parcs industriels fait en sorte que les entreprises de la MRC Les Moulins offrent un large éventail de produits, de services et d’expertise. Grâce au répertoire en ligne du CLDEM vous êtes à un clic d’un fournisseur, d’un sous-traitant ou d’un professionnel. Le moteur de recherche permet la sélection par mot clé ou par nom d’entreprise ou par groupe d’intérêt. S’aider localement à devenir plus compétitif mondialement serait-elle la réponse à la quadrature du cercle?

 

Claude Robichaud, directeur général du CLDEM
Suivez le sur twitter @CROBICHAUDCLDEM

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