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Exportation : dépendons-nous trop de l’oncle SAM?

16 juillet 2014   |   par Claude Robichaud

Au moment où les gouvernements redressent leurs finances, que les ménages payent leurs dettes et que les entreprises hésitent à investir, l’exportation est le principal moteur économique en mesure de nous extirper de la croissance anémique qui sévit depuis la dernière récession. Heureusement que notre principal client, l’oncle SAM, se remet en marche. Ceci nous permet de recycler un vieux débat : dépendons-nous trop du marché américain? La sagesse veut qu’on partage son risque en réduisant sa vulnérabilité à un principal marché. Pas facile à faire quand on a la chance de partager une frontière avec le plus gros client au monde. Aussi, la diversification a ses limites lorsque tous les marchés tombent en même temps comme ce fut le cas en 2008.

Les exportateurs québécois sont en voie de reprendre le terrain perdu. Les exportations de marchandises québécoises ont augmenté de 10 % au premier trimestre de 2014 à comparer à la même période l’an dernier. Elles ont augmenté de 11 % vers les États-Unis et de 17 % vers l’Europe alors qu’elles déclinaient de 8 % vers l’Asie. Nos produits sont exportés aux États-Unis dans une proportion de 10 pour 1 par rapport à l’Europe. Il importe de diversifier les marchés, mais ce n’est pas facile quand l’oncle SAM pèse si lourd dans la balance commerciale.

À défaut de données locales sur les ventes à l’étranger, le répertoire du CRIQ nous procure une idée du rayonnement de nos entreprises. Selon cette source, 72 manufacturiers de Terrebonne et Mascouche vendent à l’étranger. Si les États-Unis constituent leur principal marché à l’exportation, 32 de celles-ci vendent hors É.-U., dont 15 en Asie et Moyen-Orient. Acier SBB, Écolait, Entra-Matic, Industries Mailhot et Normrock figurent parmi nos leaders pour leur présence internationale établie. Dans Les Moulins, le nombre de manufacturiers exportateurs augmente constamment (ils étaient 63 en 2007) à la fois par le développement des marchés chez les entreprises existantes et par l’implantation ici d’entreprises exportatrices. La conjoncture difficile qui sévit depuis 2008 a réduit les commandes de plusieurs, mais pas au point qu’elles renoncent à ces marchés. De plus, l’intérêt pour l’exportation est bien présent chez les non-exportateurs comme le suggèrent les données du CRIQ (37 manufacturiers). Soulignons, par ailleurs, que plusieurs entreprises se sont intéressées davantage ces dernières années au marché canadien hors Québec, compensant en partie pour la baisse des ventes à l’export. Au moment où les aides publiques font l’objet d’une révision, l’exportation demeure dans les cibles privilégiées des programmes offerts aux PME.

De concert avec la SODIL, le CLDEM s’emploie à appuyer les efforts de commercialisation des entreprises. La relance des exportations pourrait avoir un effet turbo sur l’autre moteur en panne, soit l’investissement des entreprises. Souhaitons que les marchés envoient des signaux clairs aux entrepreneurs pour qu’ils reprennent solidement confiance et aillent de l’avant dans leur projet d’expansion et de développement. Au risque de maintenir notre dépendance, l’oncle SAM est essentiel à une reprise de l’exportation et à une croissance durable de notre économie.

Crédit de l'image de l'article: Freephotodigital.net

 

Claude Robichaud, directeur général du CLDEM Suivez le sur twitter @CRobichaudCLDEM

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