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L’immigration stimule-t-elle l’entrepreneurship?

08 octobre 2014   |   par Claude Robichaud

Encore à dominante francophone et caucasienne, la périphérie de Montréal change. Attirées par les grandes agglomérations, qui font également office de porte d’entrée internationale, les communautés ethniques s’installent d’abord près d’un centre-ville. Puis la diversité gagne la périphérie des métropoles. Ce nouveau visage est bien visible dans la MRC Les Moulins. Cette diversité culturelle pourrait donner un nouvel élan à l’esprit d’entreprise.

Selon une étude réalisée en 2010 par la Fondation de l’entrepreneurship, l’intention d’entreprendre est deux fois plus élevée chez les immigrants que dans l’ensemble de la population québécoise. Il en serait ainsi dans l’ensemble des pays occidentaux. Dans une entrevue pour Jobboom publiée en 2011, Louis-Jacques Filion de HEC Montréal soulève l’impact de l’immigration ailleurs au Canada en évoquant les cas de la communauté chinoise à Vancouver et de la communauté indienne à Toronto. Nous laisserons le soin aux experts de déterminer si le profil de l’immigration québécoise permet de faire le plein d’entrepreneurs potentiels.

L’immigration est donc un déterminant de l’entrepreneurship d’une collectivité. Ça tombe sous le sens. Pour devenir immigrante, une personne doit faire preuve d’audace et d’adaptabilité. Elle pose un regard différent sur sa terre d’accueil. Elle peut détecter des opportunités et s’inspirer d’idées venues d’ailleurs. Selon son parcours, elle bénéficie potentiellement d’un réseau étendu. Certains immigrants débarquent ici avec des moyens financiers appréciables, d’autres avec une grande débrouillardise. L’immigrant doit bien sûr prendre le temps de poser ses valises et de prendre racine. L’intégration de l’aspirant entrepreneur à son milieu augmente ses chances de succès. Le marché du travail est souvent une première étape. Si les opportunités d’emplois ne se présentent pas, l’entrepreneuriat peut alors être la seule option pour améliorer sa condition. Les immigrants comptent pour 6 % de la population dans Les Moulins, soit près de 9 000 personnes. Le phénomène est récent, mais il s’accélère.

Depuis cinq ans, Aminate offre des services d’accueil et d’intégration aux nouveaux arrivants à Terrebonne et à Mascouche. Haïti, le Maghreb et l’Amérique latine sont les principaux lieux d’origine de sa clientèle. Un client sur deux d’Aminate a une formation universitaire. L’organisme offre une panoplie de services d’accompagnement et d’information. En lien avec d’autres partenaires du milieu, Aminate appuie les immigrants dans leur recherche d’emploi. La filière entrepreneuriale fait maintenant partie des perspectives offertes suite à une collaboration avec le CLDEM. Une version adaptée de l’atelier de démarrage d’entreprises est disponible à la clientèle d’Aminate depuis ce printemps. Déjà, des projets d’entreprises prennent forme. La communauté d’affaires moulinoise compte déjà plusieurs immigrants à succès. L’appui au démarrage chez les nouveaux arrivants doit être considéré en vue de développer le plein potentiel entrepreneurial d’une collectivité.

Claude Robichaud, directeur général du CLDEM Suivez le sur twitter @CRobichaudCLDEM

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