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Le secteur manufacturier prépare-t-il sa revanche?

09 avril 2014   |   par Claude Robichaud

La Fédération des chambres de commerce du Québec en collaboration avec l’Association pour le développement de la recherche et de l’innovation du Québec (ADRIQ) tenait, le 3 avril dernier, un important colloque sur le secteur manufacturier. Les conférences d’ouverture ont été prononcées par messieurs Louis J. Duhamel, associé chez Deloitte et leader de la consultation sur le secteur manufacturier, et Jean Matuszewski, président d’E&B Data. Nous ne reprendrons pas ici notre plaidoyer sur l’importance du secteur manufacturier, lequel a fait l’objet d’un billet en mai 2013 sous le titre « L’industriel est-il une espèce menacée? ». Deloitte a largement documenté la situation manufacturière au Québec. Avec l’appui de plusieurs partenaires, la firme partage ses conclusions et promeut le manufacturier dans le cadre d’une tournée de conférences.

Le principal constat est à l’effet que, malgré la chute en importance relative dans l’économie du Québec, le manufacturier demeure un secteur important et névralgique considérant ses effets moteurs sur l’économie par sa chaîne d’approvisionnement en biens et services, son innovation et ses exportations. Par ailleurs, bien que les données ne permettent pas de confirmer une tendance à ce moment-ci, une réindustrialisation semble s’opérer.

Selon Deloitte, le « coût total de possession d’un bien » (ensemble des coûts associés à sa fabrication incluant le financement, le transport et les coûts environnementaux) sera équivalent en 2016 qu’il soit fabriqué en Chine ou aux É.-U., si ce produit est destiné au marché nord-américain. On pourrait donc observer une régionalisation (dans le sens des grands blocs mondiaux) de l’industrie après une ère de délocalisation permettant plus de souplesse dans les capacités de production et une meilleure adéquation aux spécificités des marchés. Observateur attentif des investissements industriels, Jean Matuszewski s’est, quant à lui, intéressé aux facteurs de résilience et de pérennité dans une analyse de la renaissance des PME manufacturières au Québec.

À partir d’une grille comportant la diversité de l’écosystème, la différenciation des produits, l’ingéniosité et l’expertise en petites séries de production, il en arrive à favoriser des secteurs tels que l’agroalimentaire (filières du lait et du sucre, aliments ethniques et produits de luxe), les biens d’équipements (machinerie-outillage, instrumentation et technologies de simulation), le matériel de transport (aérospatiale et véhicules spécialisés) ainsi que les produits du bois (bois d’ingénierie et bois décoratif).

Deloitte formule six enjeux portant sur l’innovation et la productivité, l’internationalisation des entreprises, l’accélération de la croissance des entreprises, le financement, la main-d’œuvre et la relève ainsi que l’environnement d’affaires en vue de rendre les entreprises plus compétitives. Avec la qualité des infrastructures industrielles, une taxation compétitive, l’accès à une main-d’œuvre qualifiée et une programmation tenant compte des besoins des entreprises, les localités sont en mesure de participer, elles aussi, à la relance du manufacturier. Le CLDEM et son réseau s’y emploient. Après tout, comme l’affirment fièrement les partenaires de la tournée de Deloitte, « nous sommes tous manufacturiers ».

Claude Robichaud, directeur général du CLDEM
Suivez le sur twitter @CROBICHAUDCLDEM

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