Blogue > Quelle place les sociétés étrangères occupent-elles dans le développement local?

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À ses débuts, le métier de commissaire industriel réservait une large place à l’attraction d’investissements étrangers. C’était l’époque très « glamour » d’attirer un « branch plant » sur son territoire. L’implantation des filiales de sociétés étrangères était âprement disputée entre les états, les régions et les grandes villes. On déroulait le tapis rouge pour voir un manufacturier étranger bâtir de toutes pièces une nouvelle usine procurant des emplois par centaines.

Si ces investissements font toujours saliver, soulignons que le développement endogène a gagné ses lettres de noblesse. Fondé sur les entreprises et les entrepreneurs locaux, ce développement est moins spectaculaire. Il a toutefois le mérite d’être plus durable en prenant racine dans son milieu. Aussi, les décideurs sont partie prenante de leur communauté. Il faut, par ailleurs, souhaiter qu’un nombre grandissant de nos entreprises obtiennent une stature internationale en se dotant d’installations à l’étranger. Le Groupe ADF et Industries Mailhot en sont à cette phase de leur développement.

Au fil des ans, la MRC Les Moulins a accueilli plusieurs filiales de sociétés étrangères dans ses parcs industriels et nous en sommes très fiers. Dans plusieurs cas, elles amènent une nouvelle activité, constituant alors un gain net pour la communauté. Elles se manifestent parfois par l’acquisition d’une entreprise existante. Dans ce scénario, les cas de figure sont divers : maintien, consolidation, expansion, fermeture, relocalisation.

À ce jour, la MRC Les Moulins est sortie gagnante, les acquisitions ayant généralement été suivies d’investissements supplémentaires. Les sociétés étrangères sont également des vecteurs de développement par les réseaux de contacts internationaux auxquels elles donnent accès et par la chaîne d’approvisionnement mondiale qu’elles offrent aux fournisseurs qui réussissent à s’y intégrer. Les filiales étant généralement une composante d’une grande entreprise, celles-ci ont accès aux économies d’échelle les faisant figurer parmi les champions de la productivité. Selon Montréal International, si les filiales ne constituent que 1 % des établissements, elles fournissent 9 % des emplois et contribuent pour 20 % du PIB du Grand Montréal.

En matière de propriété d’entreprises, le tissu économique de la MRC Les Moulins jouit d’un bel équilibre. Bien que la trame industrielle soit d’abord de nature endogène, la vingtaine d’établissements industriels à contrôle étranger procurent tout de même environ 1 000 des 11 000 emplois dans les parcs industriels de Terrebonne et Mascouche. Ces sociétés ont leurs sièges sociaux aux États-Unis, en Europe et au Japon.

De concert avec Montréal International, nos filiales font l’objet d’une attention spécifique en vue de les soutenir dans l’obtention de mandats supplémentaires ou de déceler des menaces de réduction de cadence ou de fermeture. Le CLDEM est en lien avec les démarcheurs internationaux de Montréal International et d’Investissement Québec en plus des consultants, promoteurs et professionnels de l’immobilier susceptibles de travailler sur un mandat d’implantation. Grâce à leur capacité d’accueil et à leurs facteurs de localisation favorable, Terrebonne et Mascouche sont en mesure de jouer un rôle accru dans ces circuits tout en conservant une base industrielle diversifiée accordant une large place à la propriété locale.

Claude Robichaud, directeur général du CLDEM Suivez le sur twitter @CRobichaudCLDEM

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