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Qui sont les 10 % qui donnent leur 110 % sans réclamer leur 4 %?

21 mai 2014   |   par Claude Robichaud

Selon le dernier recensement de Statistique Canada, en 2011 il y avait 8 565 travailleurs autonomes dans la MRC Les Moulins. Ceci représente 10 % de la population active. D’autres estimations portent à penser qu’il s’agit là d’un seuil minimum. Leur contribution est significative, mais on en parle peu. Jetons un peu de lumière sur ces travailleurs de l’ombre.

La confrérie des travailleurs autonomes ratisse large. On y retrouve principalement les consultants, les pigistes, les professionnels en pratique individuelle et les travailleurs à commission. Comme le nom le suggère, ils ont une grande autonomie d’action étant ultimement leur propre patron. Ceci les motive certainement à donner leur 110 % pour améliorer leur sort.

D’ailleurs, selon Industrie Canada, 30 % des travailleurs autonomes travaillent plus de 50 heures par semaine contre 4 % chez les salariés. En contrepartie, ils renoncent aux avantages sociaux (dont le 4 % de vacances), doivent souscrire à leur propre régime d’assurances et gérer leurs fonds de retraite. Ils bénéficient toutefois de certains avantages fiscaux qui font l’envie des salariés. Ces travailleurs sont autonomes, mais pas pour autant isolés. Ce sont souvent des as du réseautage. Ils cultivent leurs relations d’affaires dans les chambres de commerce, les associations professionnelles et les réseaux d’affaires.

Plusieurs de ceux-ci adoptent des modèles d’affaires créatifs leur permettant de collaborer avec d’autres travailleurs pour s’adjoindre une expertise complémentaire ou pour répondre à des besoins de capacités lorsque la demande le justifie. Liberté pour les uns, précarité pour les autres, le statut de travailleur autonome n’en représente pas moins une réalité importante du marché du travail. Le travail autonome gagne en importance. De 1987 à 2010, il a progressé de 2,0 % par année au Canada contre 1,3 % chez les salariés. La croissance du travail autonome en période de récession tant à démontrer que le recours à cette formule ne constitue pas toujours une préférence, mais parfois une nécessité. On accède donc au travail autonome par une fenêtre d’opportunité ou par une issue de secours.

Des études américaines établissent un lien entre le taux de travailleurs indépendants dans une communauté et une croissance des revenus et de l’emploi. Une forte présence des travailleurs autonomes serait donc un indicateur favorable de la vitalité d’une collectivité. Nous sommes de cet avis puisque ceci peut traduire une culture favorable à l’entrepreneuriat. Aussi, les travailleurs indépendants apportent de l’expertise, notamment en matière de services aux entreprises. Également, posons l’hypothèse que leur souplesse et leur agilité favoriseraient l’adaptabilité du tissu économique.

Au CLDEM, le travail autonome fait partie de la programmation en vue de soutenir le démarrage d’entreprises. Plusieurs membres du ClubEntrepreneurship connaissent du succès en optant pour l’entreprise individuelle comme forme juridique. Aussi, Emploi-Québec favorise la création d’une entreprise ou de son propre emploi via la mesure Soutien au travail autonome administrée par le CLDEM. Le travail autonome se bâtit un emploi à la fois. Êtes-vous prêt à renoncer à votre 4 % en étant du nombre?

Claude Robichaud, directeur général du CLDEM Suivez le sur twitter @CRobichaudCLDEM

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