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Relève : crions-nous au loup?

02 juillet 2014   |   par Claude Robichaud

Depuis quelques années, la relève entrepreneuriale s’impose parmi les enjeux de l’heure sur la scène économique. La transformation de la pyramide des âges amène son lot de défis pharaoniques. La relève est à la rencontre des défis du vieillissement de la population et de celui de l’entrepreneurship. L’enjeu consiste à s’assurer que les repreneurs seront au rendez-vous pour porter le flambeau des cédants. La relève est de toutes les tribunes. Les experts ayant souvent crié au loup (souvenons-nous du bogue de l’an 2000), le sujet mérite-t-il une telle attention? Nous croyons que oui, voilà pourquoi nous ajoutons notre voix à la meute.

Un sondage réalisé par SOM en 2013, pour le compte de Lanaudière Économique, présente un portrait de l’enjeu dans Lanaudière. Les résultats suggèrent que dans Les Moulins 12 % des entreprises sont actuellement en transfert et que 20 % le seront d’ici cinq ans. Ça commence à faire du monde. L’identification du repreneur, l’élaboration d’un plan de relève et l’établissement de la juste valeur marchande de l’entreprise figurent parmi les défis.

Le CLDEM et Emploi Québec, en collaboration avec le Centre de transfert d’entreprises (CTE) de Lanaudière, tenaient en mars dernier un atelier portant sur la relève, en lien avec la gestion des ressources humaines dans le cadre de la série « Les RH en action ». Un panel constitué d’Alain Bernard (Groupe Meunier), de Martine Sgariglia (Concept SGA) et de Stéphanie Toupin (TGV Distribution) a permis de faire état concrètement de la réalité vécue par ces entreprises dans leur processus de relève.

La présentation de ces cas met en relief trois facteurs de succès : la planification, le coaching et le temps. Les enjeux et la complexité du transfert nécessitent l’élaboration d’un plan de match. Il comporte bien sûr des éléments fiscaux, légaux et financiers, mais réserve aussi une large place au transfert des compétences, à l’habilitation des repreneurs et à la gestion du changement en vue de mobiliser les troupes derrière le nouveau porte-étendard. Le coaching évoque l’importance de bien évaluer et préparer les candidats, et met en lumière l’importance des ressources, provenant souvent de l’externe, pour poser un regard détaché sur la situation de l’entreprise. Le facteur temps semble être un incontournable. On réfère souvent à un horizon de cinq à dix ans pour compléter un transfert. Il faut donc prendre le temps de bien faire les choses et ne pas hésiter à s’entourer.

Les entreprises de la MRC Les Moulins peuvent désormais compter sur l’expertise du CTE, une initiative de Lanaudière Économique. Le CTE propose différentes formations dédiées à la fois aux cédants et aux repreneurs. Il offre également un service d’accompagnement permettant d’élaborer un plan de relève, lequel intègre le recours aux conseillers financiers et juridiques de l’entreprise. Le CTE gère également une banque de cédants et d’aspirants repreneurs à partir de laquelle il est possible de proposer des jumelages. Le loup existe bel et bien. Et, autorisons-nous un pérronisme, il faut le prendre par les cornes. Pour ce faire, le CTE travaille de concert avec le CLDEM auprès des entreprises de Terrebonne et Mascouche. Les interventions s’établissent en synergie dans la perspective de maximiser les chances de succès du transfert et de contribuer à donner un nouvel élan à l’entreprise selon les ambitions du repreneur.

 Claude Robichaud, directeur général du CLDEM  Suivez le sur twitter @CRobichaudCLDEM

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